Un homme extraordinaire
Robert Clergerie, ce n’est pas n’importe qui. Marié depuis 48 ans, père de trois enfants, grand père, il a sillonné le monde entier, et il s’est bien amusé. Il a travaillé comme un fou aussi. Parti dans la vie avec un diplôme d’école de commerce, il a commencé dans les travaux publics avant d’arriver à Romans sur Isère, à la suite de la lecture d’une petite annonce vantant les mérites de la région.
« Cherchons homme à forte pointure pour usine de chaussures située dans la vallée du Rhône, à proximité du ski et de la mer ».
C’est chez les Jourdan (Charles et Roland, son fils) que Robert Clergerie fera ses armes avant de racheter Unic, la célèbre fabrique de chaussures, et de la renommer quelques années plus tard à son nom, sur les conseils avisés d’une journaliste. Plein d’humour, espiègle, des anecdotes à foison, Robert Clergerie est une personnalité hors-pair qu’il faut rencontrer.
Robert Clergerie a reçu quatre fois le prix du meilleur designer de l’année aux Etats Unis. Nicolas Sarkozy en personne lui a remis le 30 novembre 2009 les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur.
Une marque de mode
Qu’ont en commun Michelle Obama, Sharon Stone, Tina Turner, Marion Cotillard, Madonna, Vanessa Paradis et Agyness Deyn ? Elles adorent Clergerie. Robert de son prénom. Un marque désormais mythique, née il y a 30 ans à Romans sur Isère, le berceau français de la chaussure. En 1980 et dès la toute première collection, Robert Clergerie fait l’unanimité des rédactrices de mode. Le derby Clergerie s’arrache, le style est lancé. Un féminin masculin, ultra trendy, un confort inégalé. Pour célébrer cet anniversaire, Robert Clergerie réédite les huit modèles mythiques de ses débuts, réinterprétés avec un léger twist de modernité. Préparez vous !
La femme Clergerie
Mais qui est la femme Clergerie ? Une femme qui a su développer son propre style. Une femme qui suit la mode pour l’interpréter à sa manière, mais qui apprécie aussi un peu de simplicité. Et qui aime le confort d’une chaussure bien architecturée, avec laquelle on peut enfin marcher, courir, vivre sa vie de femme, avec tout ce que cela comporte, tout simplement. Car comme le dit Robert Clergerie, qui l’avait appris lui-même d’un bottier légendaire, « si vous portez le vêtement, c’est la chaussure qui vous porte ».
Une philosophie
Après avoir vendu son entreprise en 2001 Robert Clergerie, apprend que les repreneurs vont déposer le bilan. C’est un crève-cœur. Parce qu’il connaît chacun des artisans et ouvriers qui y travaille, qu’il a, avec eux, partagé de longues années, il ne peut se résoudre à voir ces gens laissés sur le carreau et cette marque s’éteindre.
Aussi vend-il une grande partie de son patrimoine et rachète héroïquement son entreprise. Le patron au grand cœur est apprécié de ses salariés, il faut les voir le saluer, tandis qu’il arpente les allées de l’usine. C’est ce respect des salariés et cet amour du travail bien fait qui font la grande qualité des chaussures Robert Clergerie.
Redaction
Christelle Derreumaux
Photographie
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